Cher ami lecteur
je viens d’assister à un événement qui marquera le club de Lucens pendant encore longtemps. Imagine toi que, contre toute attente, les Lucençois ont réussi a renversé l’ogre genevois en le terrassant 5 à 2. Je dois encore me pincer pour y croire.
… mademoiselle, c’est quoi le plus fort que vous avez dans cette buvette, à part le patron ? Oui c’est bien, mettez-moi en un grand verre, s’il-vous-plaît …
tu tombes bien, Julien, alors c’est Champagne ce soir ?
houlà, Georges, pas de fanfaronnade devant nos adversaires, ils sont quand même un peu balaises.
quand même, vous allez fêter cette magnifique victoire ? Non ?
si bien sûr, mais pour cela on passera d’abord la frontière valdo-genevoise, afin d’être sûr de ne pas risquer des représailles. N’étant pas très loin de la France, les mœurs du coin ne sont pas tout à fait les mêmes que chez nous. D’ailleurs, et ce pour éviter tout dérapage, les membres de l’équipe ne passeront pas par l’interview, je n’aimerais pas qu’ils causent un incident diplomatique en disant des conneries. Cave ne cadas sera la devise de ce soir…
voilà qui tombe vraiment mal, je me faisais une joie de pouvoir les féliciter et d’entendre leurs réactions qui auraient certainement été fantastiques.
désolé mais le climat politique est ici et ce soir trop tendu. Je te propose donc un communiqué officiel que tu pourras sans autre mettre dans ton article. Voici donc le texte :
l’équipe de Lucens est très fier d’avoir réussi à imposer son jeu aujourd’hui. En faisant bloc derrière son capitaine, tous les joueurs ont tenu leur rôle à la perfection. Si nous avons perdu les doubles, c’est certainement que les victoires en simple ont coûté beaucoup d’énergie à chacun. Mais nous pouvons tous nous féliciter parmi, la tâche était ardue mais nous avons parfaitement relever le défi. Fin du communiqué.
oui, c’est très sobre, mais bon, je m’en contenterai pour cette fois. Voici le reste de l’équipe qui vient vers nous, les visages sont fermés, voir inquiets, cela contraste avec la joie que l’on devrait y lire.
Jean-Luc, que se passe-t-il, vous avez tous l’air d’être pressé subitement.
Georges, il est un temps pour tout. Tout à l’heure, c’était le temps de la joie et de l’euphorie, pour nous en tout cas. Du coup, on s’est un peu laissé aller et avons manifesté notre joie bruyamment. Du coup, l’équipe de Versoix n’est pas très contente et nous pensons qu’il nous faut filer rapido pour éviter les coups.
en effet, cher ami lecteur, voici tous les Lucensois qui sautent dans la voiture et qui partent sur les chapeaux de roues… Je vais donc faire de même, en n’oubliant pas de payer mon addition… Mais je ne part quand même pas sans t’avoir donné rendez-vous, à Lucens pour la dernière rencontre, qui sera donc décisive, contre Gland.
Georges Boissabierre pour 1664 Farniente Corporation, juin 2016, Versoix

