Vufflens-la-Ville

Cher ami lecteur,

la différence entre une journaliste et un très grand journaliste, ce n’est pas la capacité à suivre les événements au plus près ou à poser les bonnes questions aux bonnes personnes. Non la différence c’est la capacité d’anticipation… Prévoir et comprendre les événements avant que ceux-ci ne surviennent…

eh bien, personne ne pourra contester mes qualités de visionnaire aujourd’hui. Je l’ai bel et bien écrit avant que le cataclysme ne survienne, j’avais annoncé l’apocalypse avant sa venue : Lucens s’est rétamé, s’est couché lamentablement devant une équipe de Vufflens-la-Ville affutée et morte de faim. Un difficile retour sur terre pour une équipe pleine d’espoir et peut-être trop sûre de son fait…

après que le fléau se soit abattu sur eux, les joueurs se sont enfermés dans le vestiaire, d’ailleurs si petit que je peine à croire qu’ils aient pu tous y être ensembles, pour le désormais traditionnel debriefing de fin de rencontre. Ce n’est pas que j’aie l’habitude d’écouter aux portes, mais le manque flagrant d’isolation phonique du lieu, ainsi que l’intensité des décibels utilisés par chacun, m’ont permis de particulièrement bien suivre les discussions animées qui y ont eues lieu. Je ne peux malheureusement, cher ami lecteur, pas  transcrire ici les paroles entendues, je serais obligé de censurer au moins un mot sur deux tant la violence des termes utilisés a été choquante, même pour moi pourtant habitué aux banlieues difficiles et aux régions de conflits…

… en attendant de pouvoir, je l’espère, parler avec les joueurs, patron mets-moi donc quelque chose de fort, je dois me préparer au mieux à un dur moment de reportage. Oui un 51 me va toujours, me tu me mets un triple s’il-te-plaît, j’ai vraiment besoin de solide …

mais voici Laurent qui vient à ma rencontre. On peut dire ce que l’on veut de cette équipe de Lucens, elle ne refuse jamais de s’arrêter dans la zone mixte pour parler au journaliste, même quand il y a eu une catastrophe…

Laurent, quelques mots sur ton match aujourd’hui ?

que dire, mon cher Georges, que dire…

mais encore Laurent, c’est un peu court, non ? Tu fais un premier set solide, durant lequel tu manques de peu de passer l’épaule avant de finalement le perdre et puis, patatras, tu t’effondres littéralement dans le deuxième, pour être rapidement mener 5 à 0. Voilà qui est complètement inhabituel pour toi, je me trompe ?

non en effet tu as parfaitement raison. C’est un match de reprise, avec beaucoup de nervosité chez moi. Le fait qu’il m’ait résisté dans le premier set, m’a passablement énervé, je n’ai pas l’habitude que l’on me résiste, tu sais. Après la perte du set, j’ai eu un blanc, un vrai passage à vide. Du coup, évidement, il en profite pour prendre le large. Aucune pitié, ce gars n’a eu aucune pitié…

j’ai, par hasard, entendu des voix s’élever dans le vestiaire, te reprochant ton manque d’assiduité à l’entraînement hivernal. Ne penses-tu pas que ton manque de compétitivité d’aujourd’hui pourrait avoir quelque chose à voir avec cela?

mmmh, Georges, regardons de près le résultat d’ensemble de l’équipe. OK, bibi, il a pas trop suivi les entraînements, mais les autres, ceux qui les ont suivis de près et assidûment, ils ont fait quoi comme résultats, dis-le moi s’il-te-plaît ?

en effet, je te le concède ce n’est pas mieux que toi. Mais en tant que fer de lance du groupe, en tant que le Winkelried de la troupe, tu devrais être celui qui montre l’exemple, non ?

qui a dit que je devais être le leader ? pas moi en tout cas… Moi j’aspire à prendre mon Camper et à tracer la route, à trouver des coins tranquilles et à me poser. Pêcher, chasser peut-être, boire des coups sûrement, c’est ça que je veux et pas être le leader d’un groupe de bras cassés…

eh bien merci Laurent, je vais te laisser rejoindre le camping de Morges, afin que tu puisses retrouver la sérénité que tu recherches tant.

… patron, je devrais pas devoir vous le dire, mais quand mon verre est vide, il devrait se remplir de lui-même, vous n’avez pas des soucis de mobilité vous …

Gérald, viens seulement vers moi, n’ait pas peur, je n’ai encore jamais fait de mal à personne, en tout cas physiquement. Alors cher ami, je te sens très déprimé après ce non-match et ce résultat un tantinet délicat.

mon cher Georges, il est parfois des circonstances dans la vie, où il vaut mieux chercher à toucher le fond afin de pouvoir rebondir plus vite. Je pense qu’aujourd’hui est un jour adéquat pour mettre en pratique cette philosophie…

deux fois 6:0, voilà qui n’est pas commun et surtout pas habituel pour un compétiteur comme toi. Que s’est-il donc passé ?

je crois que je suis arrivé, une fois de plus, en retard dans ce match. J’étais présent, mais j’étais encore en train d’étudier le dossier de mon adversaire, alors que lui jouait déjà à fond. Je n’ai pas su trouver les failles de son cv, je n’ai pas détecté les phrases cachées de ses lettres de recommandation. Le temps de reprendre mes esprits et déjà nous nous serrions la main pour la fin du match.

comme pour Laurent, tu as reçu des reproches concernant ta participation aux entraînements de Granges. Il semblerait que tu n’y ais pas été très présent et pas très appliqué, quelque chose à répondre ?

oui, c’est facile de critiquer. Moi j’ai une fille qui est un espoir du sport suisse et cela crée des obligations. Je me dois de l’accompagner afin de lui donner toutes les chances de surpasser le firmament de l’élite. ça mes collègues, ils peuvent pas comprendre.

justement, par rapport à ta fille Gérald, est-ce que tu ne manques pas une occasion de lui montrer l’exemple d’un père qui ne lâche rien et qui gagne ?

en fait, puisque tu abordes le sujet, mon cher Georges, j’ai un service à te demander. Te serait-il possible de tricher un peu, un tout petit peu et de mettre dans tes reportages que je n’ai pas perdu ce match, mais que je l’ai bel et bien gagné. Cela me serait très utile pour pouvoir continuer à regarder ma fille en face et continuer à voir dans ses yeux magnifiques, cette admiration qu’elle a encore pour son père…

malheureusement, cher Gérald, je suis incorruptible et je ne triche jamais dans mon métier…

même contre quelques billets et quelques bouteilles ? J’ai toujours quelques bouteilles de Merlot des Grisons à la cave qui je crois te tentaient beaucoup la saison dernière…

bon, si tu me prends par les sentiments, je vais voir ce qu’il m’est possible de faire, par rapport à mon éthique. On se reparle très prochainement, prépare déjà les bouteilles.

Un dernier mot encore sur ton double, tu as semblé retrouver tous tes moyens pendant ce match.

Oui et c’est la confiance que m’a témoigné Julien en me faisant jouer deux matchs, je suis le seul de l’équipe, qui m’a donné la force de repartir au combat. Et j’ai joué comme un dieu pendant cette partie. Je suis très heureux du résultat.

Super cela devrait t’aider pour tes prochains matchs, gardes ces dernières images en tête, elles te serviront. Tu me livres le rouge pas trop tard dans la semaine, hein !

… tiens, patron, en parlant de rouge, mets-moi donc 3 de Goron, c’est le moment de commencer avec du lourd …

Sébastien mon ami, t’as bien 5 minutes à me consacrer ? L’année passée t’a vu en presque invincible et là tu commences la saison par une déculottée mémorable. Un commentaire ?

un terrain humide et glissant, un léger vent qui rend les balles flottantes, le soleil dans les yeux au service, un adversaire sans faille, tout a été réunis pour que je me retrouve dans un véritable guet-apens. Les éléments étaient contre moi et je n’avais ainsi aucune chance.

une analyse tout de même un peu facile non ? Les conditions étaient les mêmes pour ton adversaire et lui s’en est très bien sorti.

ouais c’est peut-être facile, mais si c’est pas ces conditions particulières, explique-moi donc pourquoi je prends 6:2 6:0 dans le match.

la force de l’adversaire peut-être, la faiblesse de ton jeu aussi certainement…

peut-être oui, mais quand même je n’arrive pas à comprendre… J’ai tapé comme un sourd et les balles finissaient dans les bâches. J’ai tapé délicatement et elles finissaient aussi dans les bâches. Ad imo pectore, mon cher Georges, je n’ai pas su comment me remettre dans la bonne direction.

certains laissent entendre que ton entêtement à ne pas vouloir courir ou pédaler pour « désarrondir » tes formes et retrouver du souffle, participerait à ton manque évident de performance.

bof, bof, bof, moi je dis et je réponds. C’est un peu facile de ne voir que ça et c’est oublié un peu vite mes résultats hivernaux fantastiques…

heu, j’ai du mal à te suivre. De quels résultats hivernaux me parle-tu ?

Georges, je commence l’hiver R8 et j’arrive au printemps R7, je ne sais pas exactement quand, mais quelque part entre les deux périodes, les instances dirigeantes du tennis suisse ont reconnu mes qualités, non ?

heu, je pense qu’il est grand temps que tu regardes la vérité en face et réagisses rapidement, sans quoi le reste de la saison va être très difficile.

je ne vois pas de quoi tu me parles, mon cher Georges, je ne vois pas le souci dans tout cela.

c’est certainement là que le principal problème réside actuellement. Je te souhaite vraiment de prendre conscience du travail à effectuer, le salut passera certainement par ça…

… le manque de remise en question de certain, me sidère toujours autant. Patron t’as encore du Goron, je vais boire un peu pour oublier légèrement …

aïe, voici un moment difficile, puisque c’est au tour de Jean-Luc de passer entre mes mains expertes. Jean-Luc, j’ai cru comprendre que cet hiver tu as passé un cap et que tu t’es présenté aujourd’hui plein de confiance en toi. Pourtant tu prends aussi une tannée, des explications là-dessus ?

Georges, mon petit Georges, allons ensemble dans le petit vestiaire là-bas. Je pense que mes explications musclées te conviendront particulièrement…

Restons en terrain neutre si tu le veux bien, je crois que c’est préférable… pour moi en tout cas… Tu prends 6:1 6:1 contre un adversaire largement, mais largement à ta portée, cela ne te rappelle-t-il pas un certain match à Morges ?

en effet, il y a des similitudes, c’est indéniable : comme à Morges, le gars il prend tout son temps, il pousse la balle tranquillement et il est partout où moi je mets mes balles. C’était très frustrant, définitivement très frustrant…

d’aucun ont laissé entendre que tu aurais dû apprendre, enfin, à gérer ce genre de matchs et le stress qu’ils engendrent chez toi.

Mais je sais comment les gérer, le problème c’est qu’il paraît que je n’ai pas le droit d’utiliser mes solutions personnelles…

en quoi consistent donc ces solutions ?

facile : quand je vois que mon adversaire a un profil qui ne me convient pas, je l’emmène au vestiaire et après mes problèmes sont pratiquement résolus. Malheureusement, il semble que le règlement n’autorise pas aux deux joueurs de se rendre dans les vestiaires en même temps pendant le match ou alors il doit y avoir quelqu’un qui les accompagne. Mais pour ce que j’ai à y faire, un témoin serait gênant.

oui je comprends maintenant : ta stratégie est en effet difficile à mettre en pratique. Ne devrais-tu donc pas plutôt revenir à une stratégie de jeu et battre tes adversaires sur le court ?

c’est moins facile que dans les vestiaires quand on a une corpulence comme la mienne et surtout c’est moins drôle en général.

voilà, voilà, c’est en effet un dur dilemme que tu as devant toi du coup. Il ne me reste donc plus qu’à te souhaiter de trouver le chemin de la victoire.

… patron, mets-moi un 51 avec pas trop d’eau, je viens de sortir d’une interview avec un dangereux psychopathe, je le mérite …

voici le dernier des 5 qui ont joué les simples. Serge, mon pauvre Serge, une blessure au talon qui t’oblige à abandonner un match que tu avais l’air de maîtriser. Quels sont tes sentiments là tout de suite ?

je suis effondré, effondré, Georges. Au milieu de l’hiver, le froid s’est déjà abattu sur moi sous la forme d’une fascite du talon. 3 mois de soins plus tard, je reprends l’entraînement avec une envie nouvelle et une motivation hors norme. Je me déplace avec l’équipe à Vufflens. l’entraîneur a vu que j’étais prêt et m’a donné ma chance. Et puis…

je vois dans tes yeux, toute la tristesse du moment et cela me fait de la peine pour toi. Pourtant je suis persuadé que tu sauras rebondir une nouvelle fois ?

tu me connais bien, mon cher Georges, oui je suis un optimiste et bien entendu le soleil brillera à nouveau pour moi, bientôt. Mais là tout de suite, présentement, je ne vois que le sombre et l’obscurité. Les forces du mal se sont abattues sur moi et il ne m’est pas possible d’avoir l’âme remplie de sérénité.

comme cela est compréhensible, et je suis vraiment de tout coeur avec toi. Quelques mots sur ta moitié de match tout de même ?

c’est tellement dérisoire par rapport à mon talon meurtri. Mais bon, ok : j’étais bien dans mon jeu, je maîtrisais mes mouvements, mes déplacements, j’étais en train d’y croire, et puis…

oui en effet c’est le sentiment que tu laissais avant l’incident. Pourtant tu perds quand même le premier set 6:2…

j’ai mis un peu de temps à être chaud, mais sur le peu que j’ai joué du deuxième set, j’étais confiant et je commençais à tenir mon adversaire par les cou….. enfin j’étais prêt à lui porter l’estocade. Et puis…

il faut donc garder le positif du jour, afin de mieux rebondir sitôt que tu pourras réenfiler tes chaussures de tennis.

j’ai déjà hâte en effet mais je vais prendre le temps de me soigner. De plus, pendant ma convalescence, je vais prendre aussi le temps de m’informer sur la tactique et sur la technique du tennis. Je pense aussi acheter un Wii qui me permettra de continuer à m’entraîner intensivement depuis mon canapé.

voilà des paroles positives qui font plaisir à entendre. Si tu as des glaçons et du 51, je viens volontiers chez toi pour te défier à la Wii.

… en parlant de 51, patron, tu as compris l’allusion j’espère …

cher ami lecteur, je pense que tu as compris que Lucens a perdu tous les simples aujourd’hui. On a frisé la correctionnelle… Heureusement est venu le temps des doubles. Là où les joueurs de simple ont flanché, leurs collègues des doubles ont brillé… À tout seigneur, tout honneur, c’est le capitaine Julien qui passe le premier.

un capitaine tout heureux de sa victoire, je me trompe Julien ?

tu as parfaitement raison, Georges, parfaitement raison. Certains mettent mes compétences en doute et je me gausse. Messieurs les contestataires, venez me faire vos remarques et vos commentaires : moi je ne cause pas, je gagne mes matchs.

sur cette rencontre, c’est en tout cas incontestable. Comment as-tu appréhendé ce match de reprise ?

j’ai effectué une préparation hivernale exemplaire. J’ai su doser mes efforts, augmentant en puissance au fil des semaines, pour arriver aujourd’hui au sommet de ma forme. Je me suis aussi préparé physiquement, ce n’est pas le cas de tout le monde, et psychiquement, ce qui n’est pas non plus le cas de chacun.

tu as choisi Paul comme coéquipier aujourd’hui. As-tu une préférence pour les gauchers ou est-ce un hasard ?

le hasard n’a pas de place dans ma vie. Un gaucher à une patte, un toucher différent qui convient parfaitement à mon jeu. Je suis donc toujours content en effet de pouvoir en avoir un sous ma main. Et puis à mon contact, ils se bonifient en général… Mon seul échec pour l’instant, c’est peut-être Seb…

je constate que tu n’as pas perdu tes habitudes de grand motivateur, cela promet pour les prochaines rencontres.

c’est important de ne pas changer un système qui gagne, mon cher Georges, cela fait partie du secret de la réussite.

Système qui gagne, système qui gagne, c’est pas très visible pour l’instant. J’espère pour toi que l’avenir saura te donner raison.

Tu ne t’es par contre effectivement pas trompé en engageant dans l’équipe ton partenaire d’aujourd’hui, en la personne de Paul, qui vient vers moi pour sa première interview.

… un instant Paul, patron tu nous mets chacun une grande bière, la chaleur de cette buvette favorise clairement la déshydratation …

alors mon Paulo, premier match, première victoire, tu as parfaitement joué ton rôle de renfort. Quelles sont tes impressions à l’instant présent ?

comme toujours, je suis serein. Mon grand âge et mon expérience de la grande compétition font que je suis définitivement serein. J’ai aujourd’hui réussi à prouver qu’il fallait compter avec moi et que tous ceux qui m’ont sous-estimé l’hiver durant, doivent remettre en question leurs convictions.

tu as épaulé ton capitaine, est-ce que c’était chaud d’avoir été choisi par lui pour ce premier match ?

tu sais, il est venu me chercher pour apporter quelque chose à cette équipe trop faible à la base. C’est donc tout à fait normal qu’il tienne à ce que je l’épaule et que je lui montre la voie pour gagner ce match difficile.

match difficile, c’est quand même pas le mot que j’utiliserais en premier. Vos adversaires n’étaient pas si forts que cela quand même ?

ils n’ont pas été très forts, parce que nous les avons étouffés de notre classe naturelle, surtout de la mienne d’ailleurs. Ils n’ont pas pu démontrer leurs qualités, nous ne leur en avons pas laissé la chance. Pourtant, même si cela ne s’est pas vu, ils étaient très forts, ce qui donne encore plus de valeur à notre performance.

vous avez, Julien et toi, semblé trouver vos marques dès le début et tout au long du match. Un équipe avec de l’avenir ?

certainement, nous devons continuer afin d’apporter des points à l’équipe. Comme nous ne pouvons pas trop compter sur les autres… En plus ma technique et ma gnac naturelle vont permettre de cacher un peu les faiblesses de Julien. Cela devrait lui permettre de garder de la crédibilité par rapport à mes coéquipiers.

houlà, n’as-tu pas peur de le vexer en disant des choses comme cela ?

je suis pas certain qu’il lise tes interviews et c’est un mec assez intelligent pour faire la part des choses. Si je le titille ainsi, c’est surtout pour lui permettre de repousser ses limites.

pas de doute, les hostilités sont lancées et pas seulement à l’extérieur de l’équipe…

… patron, juste avant de terminer mon pensum, tu me mets encore 5 de ton Goron, il lubrifie juste comme il faut le fond de mon gosier …

Jean-Pierre, tu passes le dernier dans mon interview, mais tu te présentes en vainqueur. Quel est ton sentiment ?

mon cher Georges, c’est un sentiment évidemment magnifique. Je suis sur mon nuage et je compte bien ne pas en redescende trop vite.

Pendant le match, tu t’es quand même un peu énervé contre toi. Cela prouve ta grande motivation, non ?

oui, avec l’entraînement que j’ai effectué cet hiver, je deviens exigeant avec moi-même. J’ai raté quelques balles faciles et je ne peux me permettre cela.

on ne t’a pas beaucoup vu à Granges pendant l’hiver. Tu parles d’entraînement, où t’es tu entraîné ?

je me suis effectivement éloigné de l’entraînement officiel du club pour me concentrer sur une structure disons plus privée. J’avais besoin d’exercice plus personnalisé et de conseils plus dirigés sur ma personne. J’ai constaté aujourd’hui que c’était un bon choix.

rien à dire, le résultat parle pour lui. Tu es donc prêt à prendre en charge un simple contre Marly, la semaine prochaine ?

bien entendu. Et quand je vois ce qu’ont fait mes collègues aujourd’hui, je suis quasiment certain de partir sans pression aucune et de faire un résultat mille fois meilleur.

c’est difficile de faire pire en effet, mais trop d’optimisme n’est-il pas dangereux ?

non je ne suis pas trop optimiste, mais mon psy… pardon mon coach m’a mis dans des conditions psychiques telles que je suis indestructible. Je vais exploser les scores cette année et gare à ceux qui voudraient contester ma supériorité, je leur souhaite beaucoup de courage pour surmonter leur déception et pour échapper à mes cousins siciliens…

wouaw, ça c’est du Jean-Pierre plein de hargne et d’énergie. Pourvu que cela dure…

crois-moi, Georges, cela va durer, cela va durer…

Un grand merci à cette pauvre équipe de Lucens, qui je le rappelle a pris une terrible déculottée, ici à Vufflens. L’avenir nous montrera si et comment les joueurs sauront remonter la pente. C’est déjà dimanche prochain que Lucens recevra Marly, l’un des ogres du groupe. Une partie qui donnera peut-être déjà des réponses…

… patron, j’ai une longue route devant moi, ce serait bien que tu me mettes quelques bières à l’emporter, et juste avant de partir, je prendrais aussi volontiers un double 51 …

Georges Boissabierre pour 1664 Farniente Corporation, avril 2017, Vufflens-la-Ville

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