Cher ami du beau jeu, bonjour,
nous y voilà enfin : ce dimanche 6 mai 2018 marquera le retour, tant attendu, de l’équipe de Lucens dans la compétition des interclubs.
l’année 2017 devait être celle de la révélation et de la découverte du Graal. L’année qui aurait du prouver que les espoirs mis dans les joueurs du club chers à notre cœur, n’étaient pas vains. Malheureusement , comme en 2016, les supporters que nous sommes ont du déchanter. Nos rêves de grandeur et de sommet, ainsi que de grosses sommes d’argent placées dans les paris sportifs, se sont volatilisés. Point de promotion, ni d’amélioration de la buvette d’ailleurs, pour ce club qui semble se complaire dans sa misère. Il reste à l’image de ses infrastructures et de sa région, la Broye : excentré, laissé pour compte, pratiquement délabré.
… quelle idée ai-je eu de faire ce reportage dans ce misérable club house ? Elle a bon dos l’immersion dans le terrain pour mieux ressentir le sujet, on se croirait dans Germinal de Flaubert Camus, Zola, Arthur Émile Zola, manquent plus que les Corons et on y est. Ceci dit, dans le livre, l’alcool coule à flot au moins. C’est pas un rat mort que je vois là-bas par terre ? Non en fait c’est une vielle chaussette orpheline …
bon, cher ami du beau jeu, tu l’as maintenant certainement compris, les choses de la vie ont fait de moi un homme positif et optimiste. Je me refuse donc de regarder en arrière et je veux croire que mon futur, enfin que le futur de l’équipe ne sera pas la réflexion parfaite de son passé. Il faut à ce club deux buts clairs pour que le soleil perce enfin le dense brouillard qui couvre la région comme la chape de plomb couvre le réacteur de l’ancienne centrale nucléaire de Lucens, qui a fondu un 21 janvier 1969 : une buvette neuve et bien achalandée et des résultats sportifs exceptionnels.
… en 1969, et les années qui ont suivi, la SNA, société nationale pour l’encouragement de la technique atomique industrielle, ainsi que l’Office fédérale de la santé ont démenti toute contamination de la population par de quelconques émanations radioactives. Sachant que l’accident a été classé dans les 10 plus graves accidents nucléaires de l’histoire, juste derrière des accidents tels que Tchernobyl ou encore Fukujima, vous comprendrez aisément, chers amis du beau jeu, que je me refuse à boire de l’eau quand je suis à Lucens. De plus, au vu des résultats individuels de chacun ces dernières années, je peux affirmer, sans risque de me tromper, que les radiations ne sont pas à considérer comme dopantes …
concernant la buvette, sujet essentiel et importantissime, l’estimé et courageux Président et Municipal Jung, m’a laissé entendre qu’un projet ambitieux et, selon ses propres dires, hors-normes, serait en cours de discussion. Sachant que le pittoresque village de Lucens se situe dans le canton de Vaud, la décision définitivement arrêtée devrait intervenir, comme tout bon projet de ce canton, dans les 15 à 20 prochaines années. D’ici à ce que les nombreux recours soient écartés et que les entreprises fribourgeoises ou valaisannes désignées par le concours aient terminés les travaux, il n’y a plus qu’un gros quart tiers de siècle à attendre. C’est un peu comme les jeux olympiques, quoi : on en parle beaucoup, sans en voir pas grand-chose.
mais assez parler politique. Reste donc pour la motivation de tous, des résultats sportifs exceptionnels excellents corrects, dans un court terme qui commence ce dimanche. Lucens reçoit la grande équipe de Morges. On se souvient, et pour ceux qui ont la mémoire courte, regardez donc les résultats sur cet excellent site, qu’en 2016 Lucens avait pris un cinglant 5 à 2, à Morges. Pas de panique pour autant : les joueurs de Morges ont vieilli, ceux de Lucens ont muri et ils jouent cette-fois à la maison.
en 2016, Morges avait tout fait pour mettre la pression sur les Lucensois, les faisant attendre un temps infini avant de pouvoir jouer, en faisant scandaleusement jouer des équipes de jeunots de première ligue avant les séniors de troisième ligue, et en reléguant les matchs sur d’ignobles courts annexes cachés au public. Lucens, novice dans la compétition, avait cédé à la pression et n’avait pas pu jouer à son niveau ce jour-là.
… un point positif à retenir, tout de même : la buvette. De tout les clubs dans lesquels je me suis rendu pour suivre nos bras cassés nos joueurs adorés, c’est avec celle du Lausanne-Sport, la plus incroyable, la plus merveilleuse, la plus sensationnelle, la plus accueillante que j’ai connu. Un choix de vin de la Côte infini, du Pastis et du Ricard au choix, et de la bière en pression comme s’il en pleuvait en pleine mousson. Puissent tous les clubs de suisse et d’ailleurs, prendre exemple …
dimanche, Lucens a une revanche à prendre. Laurent, seul gagnant d’un simple il y a deux ans, ne sera pas là, encore absent pour une fête quelconque dont, vous le savez tous maintenant, il est très, mais alors très friand. Mais tous les autres joueurs auront donc une revanche à prendre et auront l’occasion de racheter leur erreur passée. Chacun sera conscient de leurs responsabilités vis-à-vis de leur public et de leurs sponsors, et saura certainement laver l’affront. Chacun sait qu’en cas d’échec, ils seront montrés du doigt et que sera inscrit à jamais sur leur tombe cette infamie : « ce joueur a perdu deux fois contre Morges ».
ad auguste, per angusta, disait un aïeul de la famille, il y a quelques siècles en prenant la mer pour découvrir de nouveaux mondes. Gardez en tête cette maxime chers joueurs, donnez votre sang pour la victoire, c’est seulement ainsi que Lucens justifiera un investissement décent pour une buvette digne et abondante. Au soir du 6 mai 2018, vous devez pouvoir dire, haut et clair : « nous étions au bord du précipice, ce soir nous avons fait un grand pas en avant ».
cher ami du beau jeu, la compétition commence ce dimanche 6 mai à 13 heures. Viens nombreux applaudir les exploits de vos joueurs préférés et emmene avec toi ton frigo-box rempli de bonnes 1664 et autres Boxers afin que nous puissions les partager dans un grand élan de fraternité et d’échanges unilatéraux.
… il est même pas trop tard, je file à la gare, en espérant que la caviste soit toujours autant compétente …
Georges Boissabierre, pour 1664 farniente corporation, mai 2018, Lucens

