Montchoisi

Cher ami du Tennis, salut,

ils l’ont quasiment fait… Le déplacement à Montchoisi, que j’annonçais très périlleux, s’est avéré presque une réussite… En tout cas, nos joueurs préférés ne se sont pas pris la honte face aux riches Lausannois, il s’en est même fallu de pas beaucoup pour que Lucens n’emporte la mise…

en effet, si Sébastien avait eu un poil plus de physique et de chance, il n’aurait sans doute pas perdu ses deux tie-break… Si Gérald avait eu un peu plus d’entraînement, il n’aurait sans doute pas perdu le troisième set… Si Julien avait eu un peu plus de niaque et de motivation, il aurait facilement passé l’épaule… Et enfin, si Jean-Luc n’avait pas du faire l’impasse sur l’entraînement hivernal, sûr qu’il n’aurait pas pris deux bulles…

d’accord, cher ami du Tennis, avec des si on peut mettre Paris en boîte et force est de constater que les quatre joueurs précités ont bel et bien perdu leur match respectif, nous laissant ainsi un goût particulièrement amer au fond de la bouche…

… j’ai d’ailleurs bien fait de rester à la buvette de Montchoisi, l’extraordinaire buvette de Montchoisi, pour finaliser cet interview. Le choix de boissons alcoolisées y est hors du commun, je m’y sens mieux qu’à la maison. Dommage que le personnel ne soit que masculin, c’est le seul bémol de l’endroit… Patron, je suis en train de faire de la pub pour ton troquet, tu m’offres un verre ? Bon, ben tant pis, met moi tout de même un Ricard double… Oui tu le mets sur ma note, pas de souci …

je reprends donc… il y aurait eu moyen donc, de faire un pas important vers la promotion tant espérée… Certainement que si, par malheur, Lucens ratait pour un ou deux points la montée, il faudrait chercher dans cette rencontre ce manque, tellement l’observateur averti que je suis a cru à l’exploit possible…

il n’est pas impossible que l’absence de l’un ou l’autre membre important de l’équipe, ait déstabilisé cette équipe justement.  On a ressenti, depuis le bord du terrain, un manque de confiance et d’implication de certains des joueurs lucençois. Certes, tous ont beaucoup donné, mais le sentiment que chacun a manqué d’un chouïa de volonté reste prédominant… il serait bon que le capitaine analyse profondément le comportement de chacun et qu’il dirige ses joueurs vers la lumière qui leur tend les bras…

… patron, t’as quoi comme bière au frigo ? C’est une artisanale la King Eric ? J’adore ! Met m’en déjà une et assure-toi qu’il y en ait assez au frais, je pourrais y prendre goût… Oui, toujours sur mon ardoise, t’es un peu obnubilé par le fric ma parole …

Julien, merci de t’arrêter dans mon nouveau QG. Alors verre à moitié vide ou verre à moitié plein, aujourd’hui ?

franchement, mon cher Georges, si on regarde les forces en présence, je penche directement vers le verre à moitié vide… Sur les terrains, on a aujourd’hui l’équipe qui est la plus performante des deux, c’est très clair. C’est pourquoi je n’arrive pas encore, à chaud, à m’expliquer que nous ne ramenions pas 2 ou 3 points de plus.

commençons par regarder ton match en détail, peut-être que cela t’éclairera un petit peu…

j’avoue que j’ai manqué un peu de fraîcheur d’esprit. J’étais un peu énervé de devoir jouer si tard dans la journée (ndla : les matchs ont commencé après 14 heures), et je me suis présenté sur le court avec un peu de colère en moi. J’ai essayé de la retourner sur mon adversaire et de profiter de son peu de mobilité pour faire la différence. Malheureusement, cela n’a pas fonctionné. Du coup, je suis allé chercher toute ma science du jeu pour m’accrocher et ne pas laissé le score filer.

le premier set a été en effet assez serré, mais dans le deuxième tu ne fais pas longtemps illusion. Que s’est-il passé ?

je crois que je ne voulais pas d’un long match. Je voulais rentrer chez moi, faire les finitions des travaux entrepris depuis de longs mois maintenant et qui n’en finissent pas de traîner en longueur. Du coup, la perte du premier set, m’a totalement crispé et j’ai laissé filer les jeux, trop vite…

on ne dira jamais assez comment la concentration ou plutôt le manque de concentration est radicalement rédhibitoire dans un match de tennis. Quelques mots sur la performance de tes poulains pendant les autres matchs ?

Jean-Pierre, c’est définitivement mon champion. Toujours là où on l’attend, un vrai monstre d’efficacité. Il joue son jeu en père tranquille, profite de chaque faiblesse de son adversaire, c’est un vrai tueur : je l’adore.

Seb, aaaah Seb, peut-être la plus grande déception de toute ma carrière… Un joueur qui a de la technique, qui a du tennis, mais qui, de par son aversion pour la culture physique, est définitivement condamné à jouer les seconds rôles. J’ai pris beaucoup de temps pour l’observer aujourd’hui et je l’ai vu rater tellement de balles uniquement parce que juste après l’échauffement il était déjà tellement fatigué… C’est triste, très triste…

Jean-Luc, c’est le choc du jour… J’étais en train d’observer Seb, quand je l’ai vu serrer la main de son adversaire. J’ai couru vers lui, pensant qu’il s’était blessé… Quand il m’a dit le score, je suis tombé sur le cul… D’accord il manque d’entraînement, mais de là à prendre une telle gifle, j’en reviens toujours pas. Le point positif, c’est que plus bas il ira pas et que les prochaines rencontres ne peuvent que le pousser vers le haut…

enfin, il y a le cas Gérald… On voit que le mec a fait de la compétition à haut niveau, il ne lâche rien… Aujourd’hui pourtant, il cumulait les tares de Seb et Jean-Luc à lui tout seul. En surpoids chronique et en manque de cardio comme Seb et n’ayant pas touché une raquette depuis pratiquement une année comme Jean-Luc, il trouve pourtant le moyen d’amener son adversaire à jouer 3 sets… Comme quoi, la tête en tennis c’est important. Je vais baser les prochains entraînements sur ce point. Si mes gars n’ont pas le tennis et n’ont pas le physique, ils devront au moins se forger une tête dure au mal, c’est moi qui te le dis, mon cher Georges…

houlà, ça sent l’entraînement commando, cette histoire-là. Remarque, un certain Constantin a essayé cela avec son équipe de foot, le résultat a été assez foireux…

cher Julien, voici ton équipe déjà à mi-parcours, 8 points au compteur, deuxième du groupe, un point derrière le premier et alors que toutes les équipes ont joué le même nombre de match, quel est le bilan que tu peux tirer ?

il nous manque 2 ou 3 points pour être serein… Toutes les équipes se tiennent dans un mouchoir de poche et il est impossible de mettre un favori dans notre groupe. Nous devons absolument marquer un maximum de point contre Yverdon afin que notre dernière rencontre à Bière soit une vraie finale… L’idéal pour nous, serait que Bière et Montchoisi ne se départage pas lors de leur rencontre, un 4 à 3 ou un 3 à 4 serait bon pour nous : ceci à condition que nous marquions 5 ou 6 points face à Yverdon. J’espère en plus que d’ici le 16 juin, chacun de mes joueurs tirent les conclusions de ses performances personnelles et prenne des dispositions pour améliorer drastiquement son rendement…

je pense qu’en lisant cet interview, chacun sera conscient des efforts à fournir… Julien, merci pour cet entretien, je te laisse aller enfin profiter de la méga-super-top buvette de ce magnifique club qu’est Montchoisi.

… patron, le seul souci de ces bières artisanales c’est que les bouteilles sont trop petites quand j’ai à faire à de grands bavards. Mets m’en 6 à la fois, s’il-te-plaît, je ne les laisserai pas chauffer promis… Si je veux essayer la White Trash ? Je suis un aventurier moi Monsieur, bien sûr que je veux la tester… 6, je te dis, mets m’en 6 …

viens, viens, Jean-Pierre assied-toi… 2 simples, 2 doubles, 4 victoires, mais que demande le peuple ? Te voilà vraiment dans une position fantastique pour postuler à une R6 pour la saison prochaine…

ne vous emballez pas trop vite, cher Georges Boissabierre, je fais mon bonhomme de chemin, mais le matricule R6 n’est pas encore gagné. Le calcul est compliqué est je serai présomptueux d’y croire déjà aujourd’hui.

tout de même tes résultats sont spectaculaires et tu serais déçu de ne pas monter au classement tout de même ?

effectivement, j’adorerais mettre un peu d’écart avec Laurent… Depuis toujours, il a été le phare au milieu de la foule, celui que l’on regarde avec admiration. Beau, talentueux, sympathique, il a toujours attiré le regard… Moi, j’ai autant de talent, si ce n’est plus, mais je suis le besogneux, celui qui doit faire des efforts pour se maintenir au sommet. Et des efforts j’en fais depuis si longtemps qu’aujourd’hui j’aimerais récolter quelques fruits…

voilà qui est définitivement clair… Parle-moi un peu de ton match, facile ?

non, mon adversaire était de qualité. Un peu bizarre dans son comportement, cela a même failli me déstabiliser un peu. Mais j’ai su garder mon sang froid et maintenir une pression constante sur sa gorge… Cela lui a été fatal.

le deuxième set a été tendu, tu as été très proche de la rupture…

comme je te l’ai dis, son comportement étrange a fini par me causer du tort. En fait, je ne l’ai appris que plus tard, mais il est prof de tennis dans la vie. Il a donc su user de la guerre psychologique pour me tirer vers le bas et se hisser lui-même vers le haut. Effectivement, cela s’est très bien ressenti durant le deuxième set. Heureusement, le tie-break m’a été favorable et j’en suis très satisfait.

quelques mots sur ton double avec Jean-Luc. Vous avez été très efficace…

oui, j’ai en plus été très heureux de pouvoir aider Jean-Luc. Il sort d’un hiver particulièrement éprouvant, blessé qu’il était, et se prend dans l’après-midi deux bulles, il y aurait de quoi terrasser même un géant. Le fait de l’avoir épauler à ramener ce point, était important pour son moral et je suis très fier d’avoir réussi cela.

voilà qui est bien sympathique de ta part. Ce n’est pas toutes les rencontres que je vois de l’entraide et de la solidarité dans cette équipe. Jean-Pierre, il me reste à te souhaiter encore pleins de succès dans les deux dernières rencontres et j’espère que tu m’offriras le champagne cet automne pour fêter ton matricule R6.

… patron, elle était pas mal cette blanche, mais tu aurais un peu de Ricard sans eau dans un grand verre, j’ai besoin de quelque chose de doux. Amène-moi 6 bouteilles de Dutch West India, c’est juste pour la dégustation …

Jean-Luc arrête-toi s’il-te-plaît, on parlait justement de toi avec Jean-Pierre… Alors, une cruelle défaite aujourd’hui… Raconte-moi ce qu’il s’est passé.

Y’a pas grand chose à dire, j’ai un peu foiré mon match. Trop de nervosité, trop d’appréhension par rapport à ma blessure hivernale. Mon adversaire a su pleinement profité de ma faiblesse actuelle et m’a misérablement poignardé dans le dos, le rascal…

tu n’as pas du en prendre souvent deux bulles successives dans ta carrière, je me trompe ?

effectivement, au temps pas si lointain de ma toute grande splendeur, je n’aurais permis à personne de seulement envisager un tel score contre moi. Là, maintenant, tout de suite, j’ai pas tous les arguments pour empêcher les vautours de venir me becqueter le pain de la bouche. Déjà mardi passé, à l’entraînement, j’ai pris un set contre Sébastien… J’aurais du me méfier, perdre un set contre lui dans l’état où il est le pauvre, c’était de très mauvaise augure…

oui, en effet, cela fait mauvais genre. Vas-tu prendre des mesures pour corriger le tir et revenir le grand gaillard que nous connaissons tous ?

l’entraînement, il n’y a que cela de vrai. Maintenant que mes soucis sont derrière moi, je reprends la raquette et avec les beaux jours qui sont devant nous, je vais taper des balles et retrouver mon niveau très rapidement. Cela va faire mal à mes futurs adversaires.

tu as tout de même gagné le double avec ton copain Jean-Pierre. Un peu de baume au cœur ?

oui, même si tu me connais Georges, moi le double c’est pas mon truc. Moi, j’aime être responsable de mon destin et pas de devoir compter sur un partenaire pour gagner un match. Mais bon, là, actuellement, c’est tout de même bon à prendre. C’est un premier pas vers la guérison totale.

eh bien sur ces belles paroles optimistes, je te laisse rejoindre les autres avant que le repas ne soit froid.

… patron, oui fameuse cette bière, mais comme tu as vraiment du choix, je prendrai les 6 suivantes d’un autre modèle. Des Tritons à 8%, là tu vois, tu m’intéresses mon ami. Fais péter, je sens que cela va me plaire …

oui, Gérald, on va finir par le savoir que tu es pressé, mais bon, faut ce qui faut pour bien faire son métier. Oui, cette fois c’est ton tour, tu peux t’assoir…

Alors raconte-moi un peu : pas de tennis pendant toute une année et tu nous sors un match marathon et d’anthologie, que tu as même failli gagner. Incroyable non ?

cher Georges, vous comprenez peut-être enfin ce que c’est le talent pur et l’esprit de compétition. Souvent on me sous-estime grandement. Je n’ai pas le physique de Laurent, pas l’abnégation de Jean-Pierre, ni la légèreté de Serge sur un court, d’accord. Mais j’ai la volonté d’aller au bout, et mon talent caché, parfois bien caché, fait le reste. Du coup, il n’y a rien d’incroyable là-dedans.

une petite déception tout de même de ne pas avoir été au bout du rêve ?

effectivement, le problème de l’esprit de compétition, c’est qu’il n’accepte pas la défaite. Je vais donc rentré légèrement bougon à la maison et mes enfants vont le remarquer. Tu sais comme je suis un exemple pour eux et comme je me dois de leur montrer le vrai chemin. C’est toujours difficile de les maintenir sur l’autoroute du succès, si je ne peux pas la leur montrer moi-même.

est-ce que le match d’aujourd’hui va te remotiver et te relancer dans les entraînements intensifs et dans les matchs de folie. Peut-être même seras-tu motivé à faire des tournois individuels ?

alors là, c’est aller un peu vite en besogne, très cher Georges. Voyez-vous, je pense qu’avant de penser revenir à plein temps dans l’équipe, voir plus si affinité, je vais devoir panser mes plaies et mes courbatures. On ne joue pas autant de temps sans le moindre petit entraînement physique, sans en subir quelques conséquences. Là, tout de suite, présentement, j’arrive juste à mettre un pied devant l’autre, je n’ose imaginer demain matin au lever… Cela risque d’être insupportable et je doute fort que cela soit un facteur de motivation me permettant d’envisager sereinement un retour à la compétition.

pourtant on dit qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud…

je connais ce dicton débile, en effet. Mais, là je pense que le fer n’est pas chaud, mais fondu, pulvérisé, atomisé… Il n’y a plus rien qui tient et je ne sais pas quand est-ce que j’aurai récupéré. Je ne suis même pas sûr que je pourrai, lundi, rivaliser en vitesse avec mes petits vieux dans les couloirs de mon institution…

une course mettant en concurrence de petits vieux en tintébin et un Gérald souffreteux,  voilà qui pourrait être épique… Gérald, je te laisse aller t’entraîner, la compétition commence dès lundi. Tu feras gaffe de pas glisser sur le lino des couloirs, surtout dans les virages…

… patron, mon temps est compté, mes entretiens touchent à leur fin. Fais-moi découvrir encore une nouvelle bière, mais met-moi surtout une caisse de Triton pour emporter : c’est pas tous les jours que je me trouve en présence d’une vrai bière d’homme… Une Penatzet, édition limitée à 13 % ? Bien sûr que je la veux… met-m’en à nouveau six, difficile de se faire une idée à moins …

Sébastien, très cher Sébastien, une fois n’est pas coutume, tu sors le dernier du vestiaire…

en effet, Georges, j’ai eu un mal fou à me traîner du banc jusqu’à la douche, de la douche au banc et du banc jusqu’à ici. Le plus dur a été d’enfiler mes chaussettes… Je suis lessivé…

un long match, c’est clair. Deux tie-breaks perdus, c’est difficiles à encaisser ?

en venant à Lausanne, je venais pour gagner. C’était mon souhait, un vœu pieu… Perdre mon premier match contre Founex m’a fait du mal, je m’étais bien habitué à la saveur de la victoire depuis la saison passée. Alors là, une deuxième défaite, c’est très, très dur… Je me raccroche au fait que c’est pas passé très loin, mais bon, voilà une maigre consolation…

en regardant le match on se dit que vous aviez les deux à peu près le même tennis : lourd, pas aérien, poussif… On a bien senti que vous manquiez tous les deux de conditions physiques…

oui, je te l’accorde Georges, si tu pouvais éviter de tourner le couteau dans la plaie, cela m’arrangerais… D’autant plus que j’y ai cru dans un premier temps… Rapidement, j’ai mené 4 à 1 et j’ai cru enlevé le premier set. Mais là, il a fait moins de faute, et moi j’ai subi la fatigue… Il m’a fait une remontada du tonnerre et cela m’a scié un peu plus les pattes.

pourtant tu t’es accroché dans le second set pour avoir le droit de jouer un second tie-break…

c’est vrai, et c’est sans doute le seul point vaguement positif de ce match : je me suis accroché… Mais franchement, je pense que si j’avais gagné le deuxième tie-break, j’aurais proposé à mon adversaire de jouer le troisième à pile ou face, tellement je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre. J’étais même de moins en moins capable de compter les points… Je voyais parfois une lumière apaisante au loin, tellement apaisante et je me disais, ne vas pas vers la lumière, ne vas pas vers cette lumière…

ah oui, tout de même, il serait bon de faire un peu attention, tout de même… Le prochain match est dans deux semaines et demi, que vas-tu faire pour améliorer un tant soi peu cette condition physique que tu n’as jamais eue ?

je crains que pour ce printemps, cela ne soit un peu cramé… D’autant que je me suis un peu foulé une côte en voulant récupérer un balle, pas sûr que je puisse me mouvoir normalement ces prochains jours. Mais j’ai compris le message et je vais m’y mettre dés que j’aurai un peu de temps et que mon corps meurtri me le permettra… Le but serait d’être au top pour mettre une trempe à mes collègues d’équipe et surtout pour la saison 2020 qui sera mienne ou qui ne sera pas…

bien, on se réjouit de voir si tes bonnes dispositions présentes, seront suivies d’actes concrets. Je te laisse ramper jusqu’à la table où t’attendent tes collègues et me réjouis de te revoir à Lucens, le 16 juin, pour la rencontre contre Yverdon.

… on s’habitue vite au taux d’alcool élevé de cette bière, patron… Cela veut dire qu’elle est bien équilibrée. Une nouvelle dégustation ? Je suis preneur… Comment elle s’appelle celle-là ? Sherpa ! Ok, on va voir ce qu’elle vaut… Seulement 5%… Met-en 8 du coup, sinon je risque de ne pas en sentir le goût …

Avant d’enfin pouvoir profiter un tant soi peu de la buvette tranquillement, je me dois encore d’avoir l’avis des absents, Paul, Serge et Laurent, tous les trois à l’étranger : vu le salaire qu’ils ont, ils peuvent se permettre des vacances régulières et lointaines… Une fois n’est pas coutume et pour m’économiser quelques sous, je nous suis organisé une conférence téléphonique…

salut les gars, vous m’entendez ?

ici Paul depuis Rhodes, au bord d’une mer à 23 degrés et avec une température de 28 degrés, je t’entends parfaitement…

ici Serge, je suis dans un bar à Turin où j’écluse quelques Proseco, tranquille…

moi c’est Laurent, je suis au volant du camping-car, direction le Portugal, pour récupérer la gamine. 4000 kilomètres aller-retour, tu parles de vacances…

bon, je vous annonce que Lucens a perdu, 4 à 3, contre les Lausannois. Laurent un commentaire ?

je ne me permettrais pas de critiquer, mais tout de même, il manque 1 ou 2 moins pour que le résultat puisse être jugé comme satisfaisant…

oui, je suis d’accord avec Laurent : on leur confie les clés de la maison et ils les perdent en route, c’est un peu dommage…

justement, Serge et Laurent, puisque c’est vous qui intervenez en premier, mais finalement ma remarque concernera aussi Paul : ne pensez-vous pas tous que prendre des vacances en pleine saison de compétition, et se permettre en plus de critiquer les résultats auxquels vous ne participez pas, c’est un peu gonflé tout de même ?

alors là, depuis mon bord de plage de Rhodes, je me permets de répondre pour les trois : nous on travaille toute l’année comme des dingues, on a des responsabilités au travail et on ne peut donc pas partir n’importe quand. Ou plutôt, on a tellement de vacances qu’il nous est impossible de partir en dehors de cette période, toutes les autres périodes de l’année étant déjà occupées par le reste de nos vacances…

j’aurais pas dit mieux, depuis le fond de mon bar turinois…

je dois juste rajouter que si nous ne partons par régulièrement en vacances dépenser notre argent, notre fortune augmenterais tellement que nous donnerions trop aux impôts… on est donc obligés de partir régulièrement… l’été à la mer, l’hiver au ski…

effectivement, vous avez des problèmes que les autres n’ont peut-être pas… Paul, toi qui n’a encore joué aucun match, penses-tu être présent pour les prochaines rencontres ?

j’hésitais beaucoup jusqu’à aujourd’hui parce que, suite à ma grave blessure, mon entraînement hivernal n’a pas été optimal. Maintenant, quand je vois les résultats, je me dis que je ne peux pas vraiment faire pire… Donc oui, je serai présent lors des deux dernières rencontres…

j’aurais pas dit mieux, depuis le fond de mon bar turinois…

bon je ne veux pas non plus vous prendre trop de temps sur vos vacances, donc je vous laisse continuer ce que vous étiez en train de faire et me réjouis de vous voir, dés le 16 pour Serge et Paul et au complet le 23. Bonne route, bonne plage et surtout bon bar.

merci…

merci…

j’aurais pas dit mieux, depuis le fond de mon bar turinois…

cher ami du Tennis, tu l’auras compris de toi-même : cette saison est passionnante. Les équipes rivales sont proches, aucune n’a réussi pour l’instant à se démarquer. De Bière, première du groupe, à Founex, belle dernière, en passant pas Lucens deuxième à un point, toutes ces équipes peuvent encore espérer monter en deuxième ligue la saison prochaine.

mais il me faut être parfaitement clair et précis : si par un heureux hasard et avec beaucoup de chance, Lucens devait être l’élue qui monterait vers le Graal, il faudra que chacun de ses joueurs fasse son autocritique et qu’il prenne, individuellement, les mesures nécessaires pour se mettre à niveau et pour mériter cette promotion. Dans l’état actuel, peu de nos amis lucençois tiendrait le choc contre des joueurs autrement plus aguerris et qualifiés que ceux contre qui ils perdent aujourd’hui…

comme il est encore trop tôt pour parler d’une quelconque montée, cher ami du Tennis, je te propose de venir soutenir tes joueurs préférés lors de la prochaine rencontre à Lucens contre Yverdon-les-Bains. C’est après cette rencontre que nous en saurons un peu plus sur les chances réelles qu’auront les Lucençois lors du dernier match à Bière : la Finale ultime…

… patron, je prends la caisse de Triton à l’emporter, et tu serais gentil de m’en mettre une de Penatzet en sus. Au vu de la quantité, j’espère que tu me fais un bon prix. Ah, tu ne me compte pas la consigne des bouteilles… Oui, c’est un geste, mas tout de même un peu maigre… Comment tu n’acceptes pas les chèques ! T’es un drôle de commerçant toi …

Georges Boissabierre, pour 1664 Farniente Corporation, Montchoisi, mai 2019

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