il n’est jamais aisé de parler de soi sans être soit trop modeste, soit trop élogieux. Aussi, ce n’est pas moi qui relaterai mon parcours, mais mon grand ami et confrère émérite, Jules Finisonvère, dont l’oeuvre intemporelle est encore dans toutes les mémoires : « Un soir depuis dessous le bar », « J’ai renversé mon verre qui était plein » ou encore « Aucune bouteille ne sera jamais assez vide », autant de témoignages de vie poignants et essentiels que vous devez lire ou relire. Mais, maintenant, je m’efface pour le laisser s’exprimer sur le sujet qui me passionne : moi…
PREAMBULE
cher ami lecteur,
c’est un grand honneur pour moi que de pouvoir mettre des mots sur la ligne de vie de Georges Boissabierre. Dés notre première rencontre, tard le soir dans une buvette déserte, j’ai compris que cet homme aurait un impact terriblement important dans la suite de ma carrière. Par ses paroles et par ses actes, quelle descente lorsqu’il boit une bière ou un « long drink » anisé, il a tout de suite posé les jalons qui m’ont permis de me développer et de construire ma propre autoroute vers le succès. Je ne peux ainsi que le remercier en essayant de retracer fidèlement son histoire peu commune.
QUI EST-IL?
Georges Boissabierre est avant tout un passionné : sa vie tout entière est consacrée au sport et surtout aux diverses buvettes que l’on rencontre près des stades. Il a donc réussi à coupler sa passion avec son métier en devenant journaliste sportif. Faute de trouver un employeur qui a su reconnaître son talent, il a fondé l’agence de presse 1664 Farniente Corporation, devenant ainsi son propre PDG, CFO, CEO, l’unique salarié, le porteur d’eau et le concierge de cette entreprise qui ne saurait tarder à trouver le succès.
SA NAISSANCE
il est né un vendredi 13 décembre 1963, dans la banlieue de Lausanne en Suisse, de père inconnu et de mère alcoolique et surtout frivole. Sa naissance fut rocambolesque : sur le chemin de la maternité, par cette journée glaciale de décembre, madame Boissabierre a tenu à se réchauffer dans le premier bar enfumé venu. Après de multiples contractions et suite à la perte des eaux, c’est sur un carrelage très sale et surtout très dur que le petit Georges poussa son premier cri, après que sa tête ait heurté violemment le sol en tombant du ventre de sa génitrice. Il a ainsi, dès sa naissance, prouvé à tous les gentlemen présents ce jour-là la fameuse théorie de Théophile J. Newton (non, rien à voir avec Isaac), enseignée dans toutes les bonnes universités : tout corps lâché depuis à peu près un mètre, fait un bruit sourd à l’atterrissage.
SON ENFANCE
ce n’est pas la misère chez les Boissabierre, non, mais sa mère célibataire n’est pas non plus en mesure d’offrir une vie de château à son enfant unique. L’argent ne coule pas à flot et les cadeaux ne sont pas légions autour du sapin quand vient Noël. D’ailleurs, le sapin se résume toujours à une branche d’arbre, sèche et trouvée au hasard d’une promenade dans le jardin public du coin de la rue. L’ambiance est d’autant plus morose que Georges s’avère être un enfant souffreteux, à la santé fragile : atteint tour à tour de maladies telles que la vinrougeole, la monoblancquéose, la grippe à bière, le syndrôme absynthique ou encore la maladie du JB, il est plus souvent alité que dehors à jouer avec des petits camarades. C’est sans doute durant ces longues heures à ne rien faire, si ce n’est à regarder la vieille télévision en noir et blanc, qu’il développera son goût immodéré pour le sport.
SES DEBUTS DANS LA VIE ACTIVE
d’un physique relativement ingrat, voir franchement moche… non, en fait très moche, Georges Boissabierre a très vite compris que s’il voulait avoir une Chance dans la vie, il devait aller la chercher lui-même. Il s’est donc concentré sur ses études dès l’école primaire, ratant, mais de peu, le passage de la première à la seconde, puis celui de la seconde à la troisième. C’est lors du deuxième redoublement de sa seconde qu’il a pris la grande décision : son génie restant désespérément incompris, il se devait de développer des techniques qui lui permettrait de prouver sa valeur.
LE SYSTEME BOISSABIERRE
ingénieux et plein de ressources, faute d’un trop plein d’intelligence, Georges élabore à partir de là, des techniques « de magicien » qui lui permettront de passer avec brio toutes ses classes, et ce jusqu’à son mémoire de journaliste sportif. C’est à lui que le monde doit l’encre invisible à base de jus de courgette et de poire à botzi. C’est aussi lui qui imprimera toute l’encyclopédie Universalis sur un timbre poste et qui développera les lunettes permettant de la lire. C’est toujours lui qui élaborera un produit diurétique gazeux, obligeant le professeur mais aussi tous ses malheureux collègues d’études à courir aux toilettes en plein examen, lui laissant la voie royale pour recopier tranquillement des passages entiers des cours simplement stockés sous son pupitre : il était le seul à posséder un antidote. Alors que la plupart des étudiants trichent à petite échelle, Georges Boissabierre a amené l’art de la triche au niveau industriel et scientifique.
SA VIE SOCIALE
je l’ai écris plus haut, Georges Boissabierre n’est pas beau et c’est un euphémisme de le dire. Dès la crèche, il subit des vexations et des brimades que peu d’hommes dans ce monde auraient supportés. Ceux qui auraient du être ses copains pleuraient en le voyant, certains même s’évanouissaient. Les éducatrices étaient souvent prises de nausées et s’arrangeaient le plus possible pour ne pas être de service les jours où il était présent. Le temps n’a, hélas, pas changé grand chose et c’est très très seul qu’il a grandi.
SA VIE SENTIMENTALE
sa quoi ? Ah oui le sexe et tout ça… Non même en cherchant bien, je ne trouve rien. Même les professionnelles qui arpentent les ruelles sombres la nuit, n’en veulent pas. Reste l’onanisme qui par définition est solitaire et n’oblige personne à s’occuper de Georges. Certainement qu’il doit en être adepte, mais il se confie peu sur le sujet.
SON ACTIVITE PREFEREE
dans un tel contexte, il n’est pas anormal qu’il ait pris l’habitude de noyer sa solitude au fond des bars et ce, à partir de 11 ans et demi. Malgré le fait qu’il n’avait pas l’âge légal, les tenanciers, compatissants, acceptaient de le servir dés l’ouverture jusqu’à ce qu’il décide de rentrer, avec juste la lune pour éclairer son chemin. C’était aussi pour lui un bon moyen pour côtoyer sa maman qui avait plus ou moins les mêmes horaires aux mêmes endroits. C’est sans doute de là que vient son surnom : 2×25.50, en référence au Pastis 51 qu’il consommait sans modération, mais toujours qu’un verre à la fois.
SA VIE ACADEMIQUE
Georges Boissabierre réussit donc avec force tricheries et combines en tout genre, à se faire admettre à l’université. Il aurait aimé faire polytechnique, mais finira chez HEC. Souvent absent, voir jamais aux cours, Georges saura se faire discret, mais efficace. La défense de sa thèse intitulée «Boire ou conduire, j’ai pas le permis : à moins de 20° aucun intérêt» aura un franc succès et sera longuement applaudie par sa maman présente dans l’auditoire et dernière spectatrice à ne pas avoir du courir aux toilettes : étonnament, elle et son fils ont été les seuls résistants à un virus très virulent ce jour-là. Il est diplômé HEC, section journaliste, le vendredi 13 décembre 1995, jour pour jour 32 ans après sa naissance. Le recteur nous a confié en aparté que, si sa thèse ne valait rien, il était absolument nécessaire à une institution comme celle dont il a la charge, de donner une chance même aux cas les plus désespérés. En plus l’université était enfin débarrassée du boulet qui faisait fuir tous les nouveaux candidats.
SA VIE PROFESSIONNELLE
armé de son diplôme et de son physique, disons difficile, Georges Boissabierre a frappé à toutes les portes. Son premier choix, le New York Times, a affiché son dossier de postulation à l’entrée de son siège du 620 de la 8ème avenue dans Midtown à New York avec une grosse inscription rouge : « Good Jokes ». Le Monde, le Guardian, l’Equipe, le New Bombay mais aussi le Matin et le 20 Minutes de toutes les parties du monde, tous sans exception lui ont refusé sa chance. La plupart ne lui ont même pas répondu, pensant comme le Times à une bonne blague.
SA VIE ACTUELLE
pas découragé par ses nombreux échecs dus, il en est certain, à des RH très peu compétents et parfaitement partiaux, 2×25.50, a donc créé sa propre agence de journaliste : la 1664 Farniente Corporation. En freelance il suit de près l’actualité, travaillant sans relâche depuis tôt le matin jusqu’à la fermeture du dernier bar. S’il s’est aujourd’hui très spécialisé dans le journalisme sportif, c’est certainement parce qu’au fond de ces bars qu’il fréquente, il est assez rare que les télévisions passent les cours de la bourse ou des études géopolitiques sur les conflits au Moyen-Orient. En choisissant bien les tripots, il n’a pas besoin de prendre l’avion ou le train et de se mêler à la foule dans des stades sans alcool : il peut commenter plusieurs matchs de différents sports tout en sirotant sa boisson anisée favorite.
SON ACTUALITE
par hasard et motivé par une soif inextinguible, Georges Boissabierre s’est un jour arrêté à Lucens. Il y a trouvé un club accueillant et peu regardant qui l’a autorisé à couvrir les compétitions auxquelles les membres participent. N’ayant rien d’autre à faire et surtout poussant sa conscience professionnelle au plus loin qu’il en soit capable, il commente plus ou moins en direct les différents matchs, n’oubliant jamais de soigner sa soif légendaire en vidant littéralement les buvettes des lieux où cela se passe.
ainsi donc, cher ami lecteur, tu connais à présent tout de cet homme Incroyable qu’est Georges Boissabierre. Mais ne t’arrête pas à cette biographie : découvre son oeuvre cachée, bien cachée, dans ce site. Au fil des pages, tu pourras entrer dans son monde, au risque de ne plus pouvoir en sortir. Je te souhaite une vraie découverte et beaucoup de plaisir…
Jules Finisonvère, avril 2016

